20 novembre 2022, 23:59

ELUVEITIE + AMORPHIS + DARK TRANQUILLITY + NAILED TO OBSCURITY

@ Lille (l'Aéronef)

Après quelques concerts dans l’Hexagone, et en particulier celui de la veille dans le célèbre Olympia à Paris, c’est à l’Aéronef à Lille qu’en ce 20 novembre 2022, ELUVEITIE et AMORPHIS, accompagnés de DARK TRANQUILLITY et NAILED TO OBSCURITY, font escale avant de traverser la Manche afin de poursuivre leur périple au Royaume-Uni.
A notre arrivée, les portes sont déjà ouvertes. Depuis 17h30, elles laissent entrer une longue file de fans qui attendent patiemment dans la pénombre de ce dimanche de novembre qui voit enfin des températures plus adaptées à l’automne du Nord de la France. En entrant, nous constatons que la salle est déjà bien remplie. Preuve que le public est venu principalement pour profiter du plateau qui propose quatre groupes et non pas seulement l’une ou l’autre des deux têtes d’affiche.


L’avantage de ce jour de repos dominical, c'est que la grande majorité des personnes ne travaillent pas et les concerts peuvent ainsi commencer plus tôt pour permettre au public de rentrer plus tôt aussi et commencer la semaine sans déficit de sommeil. C’est donc à l’heure prévue (18h00) que les Allemands NAILED TO OBSCURITY font leur entrée sur scène. Le temps étant compté, la demi-heure qui leur est impartie les oblige à une set-list efficace. C’est ainsi qu’ils commencent par "Black Frost", chanson-titre de leur dernier album en date, enchaînent avec "Protean", extrait du précédent « King Delusion », avant de jouer leur deux derniers singles "Liquid Mourning" et "Cloudy Frame" pour terminer sur "Desolate Ruin", lui aussi extrait de « King Delusion ». Si le groupe dispose d’un sympathique visuel qui permet d’habiller une scène largement encombrée du matériel des têtes d’affiche, le light-show reste largement limité au bleu. Bien que le chanteur profite de sa connaissance de la langue de Molière pour communiquer avec le public et assurer son rôle de leader, le groupe est plutôt statique et donne plus l’impression de profiter de cette demi-heure pour répéter... Associé à cela un son avec trop de réverb' et NAILED TO OBSCURITY n’a guère pu présenter sa musique de la meilleure manière qui soit, ce qui est dommage au regard de ce que le groupe propose sur album.


Juste le temps d'échanger quelques impressions, il est 18h45 lorsque DARK TRANQUILLITY arrive sur scène. Si le groupe s'est fait un nom sur la scène death metal au début des années 90, ce n'est que la troisième fois que nous le voyons sur Lille. La dernière, c'était dans la même salle, déjà aux côtés d'ELUVEITIE, mais à l'époque, il était tout en haut de l'affiche. C'est donc un groupe qui semble en perte de vitesse que nous accueillons. Rapidement, cette impression se confirme. Même si Mikael Stanne fait preuve de présence en arpentant la scène, nous avons l’impression d’assister à une seconde répétition live en attendant le spectacle. Ce n’est pas les écrans d’animation qui ont été ajoutés qui permettront d'ailleurs de faire la différence. Le set de 45 minutes laisse l’impression d’un fade "best of" de la carrière du groupe qui exclut ses débuts, même si leur plus récent album, « Moment » sorti en 2020, est mis en avant avec "Identical To None", "Phantom Days" et "The Dark Unbroken". Malgré ce manque d’investissement, le public ne reste pas impassible, preuve qu’il est aussi venu pour voir les Suédois et qu’il compte bien en profiter. D’ailleurs, il est à noter que les deux extraits de « Damage Done » sont des surprises puisque "Cathode Ray Sunshine" n’a jamais été jouée avant cette tournée et "Hours Passed In Exile" ne l’a plus été depuis 2005. Finalement, les fans du groupe regretteront certainement le simple fait que le set n’ait pas été plus long.


Lorsqu'AMORPHIS fait son entrée à 20h00, c’est pour son tout premier concert dans notre région. Aussi surprenant que cela puisse paraître, nous n’avions jamais eu l’occasion de les voir aussi haut géographiquement en France, car ils préféraient sûrement nos voisins belges ! Pour une première, AMORPHIS frappe fort ! Les Finlandais arrivent dans un brouillard rougeoyant qui laisse deviner le backdrop orné de la pochette du dernier album « Halo », sorti en février dernier. Ce sont d’ailleurs les deux premiers titres de cet album, "Northwards" et "On The Dark Waters", qui ouvrent le bal. Les lumières sont impressionnantes au point que leurs effets donnent vie à la pochette qui, en réalité, n’est rien d'autre qu’un drap tendu à l'arrière de la scène. Le son est enfin au rendez-vous et cela fait du bien. Avec quatorze albums à son actif, AMORPHIS se voit contraint de faire l’impasse sur bon nombre d’entre eux, mais pas sur « Skyforger », puisqu’il enchaîne avec l’incontournable "Silver Bride". Il ne manquera pas non plus de laisser une place honorable à ses début puisque « Tales From The Thousand Lakes » (1994) et « Elegy » (1996) sont représentés par les classiques "Black Winter Day", "Into Hiding" et "My Kantele". Pour le reste, ce sont essentiellement des chansons issues des trois derniers albums qui sont jouées. Nous retrouvons ainsi deux autres extraits du dernier album, "Seven Roads Come Together" et "The Moon", joués plus tard dans le set, mais aussi "Wrong Direction", "The Bee" et "Death Of A King", extraits de « Queen Of Time » (2018) et « Under The Red Cloud » (2015).
Avant de s’éclipser, Tomi Joutsen présente ses comparses avec lesquels il nous délivre l’incontournable "House Of Sleep". S’il est vrai que la performance est au rendez-vous, AMORPHIS est resté dans sa zone de confort puisque les douze titres joués ne révèlent aucune surprise. Tous sont joués régulièrement et un bon nombre d’entre eux sont tout simplement devenus des classiques du groupe.


Lorsqu'ELUVEITIE investit la scène, c’est un peu un habitué que l’on reçoit ici, car contrairement aux précédents groupes, les Suisses viennent nous rendre visite régulièrement, en particulier dans cette salle qu’ils connaissent bien. Néanmoins, il va falloir assurer car AMORPHIS a bel et bien lancé la soirée. Quand les lumières s'éteignent, le discours elfique d’une prêtresse vise à ensorceler l’assistance pour la plonger dans l’atmosphère sombre du dernier single, "Exile Of The Gods", qui conte la triste réalité de notre monde moderne. Malheureusement, le son est approximatif et la batterie laisse entendre clairement que le batteur n’a pas laissé sa caisse claire en loge. Le déséquilibre entre la voix sombre de Chrigel Glanzmann, trop basse, et celle de Fabienne Erni trop haute, est aussi dommageable. La suite offrira peut-être une qualité de son plus correcte, car même si la prestation est au rendez-vous, le public venu nombreux et présent pour la plupart depuis le début de la soirée risque de s’agacer. Pour le moment, ce n’est pas le cas et c’est avec le classique "Nil" et son ambiance celtique que la violoniste, Nicole Ansperger, et Annie Riediger, qui remplace Anna Murphy au hurdy-gurdy, viennent sur le devant de la scène. Tout comme son prédécesseur, si ELUVEITIE est heureux de retrouver la scène et le fait savoir en remerciant le public d'être venu si nombreux, c’est une set-list sans surprise qui est proposée.


"Deathwalker", introduit au Hurdy-Gurdy, nous rappelle que « Ategnatos », le dernier album du groupe, « Ategnatos », datera d'il y a quatre ans quand sortira son successeur. Histoire de renouer le contact avec son public là où la pandémie l’avait suspendue, ELUVEITIE propose pas moins de trois autres chansons extraites de cet album en fin de set. En attendant, Fabienne Erni délaisse sa harpe pour occuper le devant de la scène et chanter la légende de "Epona" avant de nous faire découvrir le tribal "Anu", nouveau titre depuis le début de la tournée, et interpréter "A Rose For Epona". Elle se retire le temps de "Thousandfold" et revient pour "Ambiramus". Avant une dernière inspiration à pleins poumons avec "Breath" et céder à l'"Appel des Montagnes" pour terminer cette heure de folk-metal aux intonations celtiques et death, Chrigel Glanzmann délivre le discours du "King". Le temps d’un intermède, le rappel commence par "Aidus", autre single sorti cette année. "Ategnatos" vient ensuite nous remémorer une dernière fois l'album auquel il donne son nom, avant de clôturer par "Inis Mona".
Même si le son s’est amélioré, il n’aura jamais été parfait. Toutefois, cela n’a semble-t-il en rien gêné le public qui a clairement passé une excellente soirée.

Blogger : Bruno Cuvelier
Au sujet de l'auteur
Bruno Cuvelier
Son intérêt pour le hard rock est né en 1980 avec "Back In Black". Rapidement, il cultive un vif intérêt pour le heavy metal et ses ramifications qui l’amèneront à devenir fan de METALLICA jusqu'au "Black Album". Anti-conformiste et novateur, le groupe représente à ses yeux une excellente synthèse de tous les styles de metal qui foisonnent à cette époque. En parallèle, c'est aussi la découverte des salles de concert et des festivals qui le passionne. L'arrivée d'Anneke van Giersbergen au sein de THE GATHERING en 1995 marquera une étape importante dans son parcours, puisqu'il suit leurs carrières respectives depuis lors. En 2014, il crée une communauté internationale de fans avant que leur retour sur scène en juin 2018 ne l'amène à rejoindre HARD FORCE. Occasionnellement animateur radio, il aime voyager et faire partager sa passion pour la musique.
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