Ce nouvel album de VINTERSORG s’est fait attendre ! Mais il est enfin là et « Vattenkrafternas Spel » ne devrait pas décevoir les fans du groupe mené par Sieur Andreas Hedlund aka Vintersorg car en tous points, il s’agit bien du son VINTERSORG que l’on retrouve, huit ans après « Till Fjälls Del II ». Black et folk à la fois, avec la voix typique de Vintersorg, mêlant des passages très atmosphériques et des rythmes blastés, de l’épique et toujours plein de mélodies. Bien sûr, quand on évoque le côté folk, on parle bien d’un folk ancré dans les traditions suédoises, pas d’un folk dansé sur fond d’ivresse. La musique de VINTERSORG est une contemplation de la nature, un hommage aux paysages et à leur force élémentaire.
"Efter Dis Kommer Dimma" nous plonge tout de suite dans ce qui fera l’essence de l’album, à savoir un mélange de voix chantées et de vocaux black metal, plus rares tout de même. Les claviers et les atmosphères sont nombreuses, le rythme est rapide mais les breaks sont réguliers. L’ajout de la voix féminine de Johanna Lundberg (WYTCH) rend le côté folk encore plus prégnant et surtout rend le morceau très entêtant. Le plus épique "Störtsjö" se veut plus lent et brut, plus viril aussi avec des growls caverneux qui viennent compléter les chants clairs et black. C’est un morceau puissant et sans artifices. Au contraire, "Malströmsbrus" fait la part belle à un réel côté folklore avec ses flûtes, ses tambours et ses effets sonores.
C’est avec le mid-tempo "Från Djupet Dunstar Tiden" que VINTERSORG renoue avec l’équilibre parfait entre riffs agressifs et atmosphères mélodieuses, avec des claviers de nouveau omniprésents. "Ur Älv Och Å" présente des riffs intéressants et surtout un break ultra folk chanté entre deux plages plus brutales. Si "Kraftkällan" commence à la guitare acoustique de façon tout à fait apaisée, ne vous y trompez pas, les blasts arrivent vite et une ambiance assez sombre et froide règne tout au long de la chanson, surtout en deuxième partie, vraiment lourde, orchestrale, forte.
"Regnskuggans Rike" est plus innovant avec ses influences diverses et le poids de sa basse. C’est un titre moins facile d’accès mais très riche justement. On retrouve la basse saillante sur "Skyrök" qui nous emmène tantôt vers des paysages magnifiques et sereins, tantôt sur des chemins escarpés au gré d’une musique aux claviers éthérés ou lugubres.
Enfin, "Ödsliga Salar" qui clôt « Vattenkrafternas Spel » se veut guerrier, martial, avec des rythmes martelés et marqués. Mais il fait preuve aussi de beaucoup d’originalité avec des claviers presque psychédéliques, des dissonances assumées et une structure alambiquée.
En bref, VINTERSORG revient avec un 11e album typique de VINTERSORG. Si vous avez toujours aimé son black/folk metal, il est fort à parier que « Vattenkrafternas Spel » vous animera. Il est bien construit, il est à la fois puissant et captivant, il est surtout authentique. Rien à redire, l’attente a été récompensée par du son efficace.