Dans la série « Que sont-ils devenus ? », aujourd’hui, VENGEANCE.
Si les derniers temps ont vu surgir un paquet de bons groupes de metal des plus divers avec un bon niveau et des compos qui tiennent vraiment la route, il y a encore des vieux groupes qui résistent, tournent régulièrement et sortent toujours des albums.
Mais dans le metal, comme dans la musique en général, il y a des artistes talentueux qui percent et d’autres qui restent dans l’ombre, la faute à pas de chance, à un label un peu feignant ou encore à des égos surdimensionnés. Malgré cette scoumoune, les gonzes continuent à composer, à enregistrer, à tourner, avec la foi du charbonnier. Anvil est de ceux-là, même si le documentaire qui leur a été consacré les a (re)mis sous les feux de la rampe pendant quelques temps. Venu de l’autre pays du fromage, VENGEANCE, né en 83, pratiquait alors un hard rock de bonne facture, poussé par la voix formidable et puissante de Leon Goewie et quatre premiers albums qui n’ont pas (trop) vieilli, au moins dans notre souvenir. Après un virage plutôt maidenien qui leur a sans fait perdre une partie de leur petite escouade de fans et un ou deux splits, le groupe a persisté à sortir des albums sans en vendre et écumer les scènes européennes, enfin certaines. Bref, le groupe était sorti des écrans radars.
Et cette année, paf, on apprend que VENGEANCE existe toujours et qu’il y a un nouvel album, même qu’il s’appelle Piece of Cake. Alors on l’écoute.
Leon Goewie, et c’est tant mieux, reste le seul membre originel du groupe, d’ailleurs, c’est lui qui est sur la pochette. Trente ans après, dès qu’il commence à chanter, on est rassuré, sa voix n’a rien perdu de sa puissance.
Le son est actuel, on n’a plus cette caisse claire trafiquée, pas de fioritures, enfin pas trop. Sur World Arena, on entend tout de même une caisse claire inversée, typique des années 1980. Tout comme les chœurs, qu’on croirait sortis de chez Accept. Après une intro bluesy, Tears from the Moon lorgne encore vers la bande à Wolf Hoffman, avec cette basse appuyée. Pas mal, pas mal, même si le refrain est assez convenu. On reste chez les Teutons pour Raintime, avec son rythme lourd et son tempo plutôt rapide, un truc que ne détesteraient pas les fans d’Helloween ou de Pretty Maids. La suite de l’album est plutôt bof bof et il en faut pour ne pas décrocher. C’est dommage, car la voix de Leon Goewie est vraiment excellente. Mais les morceaux font dans le convenu, sans surprise. Il ne faudrait pas grand-chose pour que ça explose. Et ça explose presque avec Headquake. Une intro réjouissante, puis VENGEANCE déboule comme un train un peu poussif. Le refrain tombe comme un soufflé. Heureusement, le solo est jouissif. Sur Mirrors et son refrain sympathique, on entend un bruit de… mirroir cassé.
On se réveille enfin avec Piece of Cake, qui donne son titre à l’album. Le groupe revient aux recettes qui ont fait ses beaux jours, avec un rythme marqué par une grosse caisse sur tous les temps.
Dommage, ça ne dure pas. Même Goodbye Mother Sky, avec son intro à la guitare acoustique et ses parties de sitar qui lui donne un côté Kashmir, ne suffit pas à nous garder concentrés. Pourtant, à l’époque, c’était bien VENGEANCE.