18 novembre 2016, 15:19

FOLSOM

"Bad Ways"

Album : Bad Ways

Si pour Philippe Risoli, les bananas étaient cuitas, pour FOLSOM les patatas elles, sont fritas. A la lecture de cette phrase introductive, vous vous demandez déjà si vous êtes à la bonne adresse. Rassurez-vous, oui vous l’êtes. En voiture !

"Patatas Fritas", l’introduction de cet album est destinée à vous donner la patate pour ce périple ou encore que vous soyez sûr d’avoir la frite. Tout fait sens maintenant, non ? "Bad Ways", morceau donnant son nom à l’album, nous emmène sur les terres devenues funky de la formation – le groupe a en effet inauguré sa carrière sous des auspices plus rockabilly, du moins à ce que j’en avais entendu en live lors de leurs débuts. Du funk, du funk oui mais du blues aussi. Un certain Glenn Hughes donne dans ce genre. Oserais-je presque dire qu’on sent une influence Motownienne par endroits ? Oui, j’ose. "Showtime" ensuite porte bien son nom. Rythme soutenu et distorsion légère pour donner du corps. Leur groove commence à devenir infectieux. "Discotrap" nous évoquerait, rien qu’à son titre, le célèbre "Palace" de TRUST. Et c’est vrai que la trame nous y ramène un peu. Le refrain lui, appellera le public à se manifester en concert. Si nous étions infectés par le groove des premières chansons, la prochaine nous intoxique. Oui je sais, ce n’est pas des plus recherché pour parler de "Intoxicated" mais je n’ai pas trouvé mieux ! On entre là dans une autre dimension musicale du groupe, presque comme si un autre album était sur nos platines. Guitares inspirées et envolées, trame rock 70’s pur jus sorti de l’alambic maison. Enorme.
La lente introduction du titre "Cannibal" ne nous semble pas "férox" mais lorsque la basse entre en piste, c’est un genre de fléau qui nous fait remuer de l’arrière train. A mi-titre, on headbangue et on se voit en présence du morceau de l’album qui dévore le reste. Des US, nous sommes emmenés jusqu’en Asie avec "Chinese Ghost" et qui a un riff rappelant vaguement le célèbre "Peter Gunn Theme" mais la comparaison s’arrête là. Peter Cattet, chanteur de la formation, hausse le ton et ça lui va bien. Pris à contre-pied à nouveau, "Werewolf" débute paisiblement mais soudain, les hurlements du loup résonnent, la basse ronronne et le groupe remet la main à la… pâte. Si les réminiscences avec certains plans des morceaux précédents sont (trop) évidentes, on se laisse faire car nous sommes dans la découverte du groupe. Le morceau suivant bénéficie d’un titre totalement percutant et en le lisant, je me suis demandé si j’avais souvent lu plus rentre-dedans. "Fucking The Devil’s Mother" est sans appel et donnerait à tout bon chrétien intégriste l’envie de « baiser la mère du diable » (traduction littérale du titre). Les chœurs légers sur le refrain sont bien sentis et à leur place et le chanteur se fait prêcheur dans sa diction. Slap sur la basse juste ce qu’il faut et un final… endiablé. L’un des meilleurs moments de l’album. On finit avec "Kraken", dont la mélodie à la limite d’une chanson folklorique surprend et détonne un peu même, mais Peter narre son histoire avec la gouaille et la niaque d’un marin « en-rhumé ». Surprenant peut être mais concluant et efficace.

Que ressort-il alors au final de ce premier essai ? La production pêche un peu (et le son de basse est celui qui à mon sens en pâtit le plus) mais lorsqu’on est en face d’une production 100% indépendante comme cette entreprise, on lui pardonne en se disant que le groupe n’en sera que mieux servi pour un deuxième album s’il en vient à employer les grands moyens. On sent l’envie, la fraîcheur et le plaisir de cette jeune formation sur cet album et lorsqu’il s’arrête, on est grandement tenté d’appuyer sur « lecture » de nouveau. Qu’est-ce qui nous empêche d’ailleurs ? Rien ! Bon, ben c’est reparti alors. « Bad Ways », un album d’un groupe sur le bon chemin.

Blogger : Jérôme Sérignac
Au sujet de l'auteur
Jérôme Sérignac
D’IRON MAIDEN (Up The Irons!) à CARCASS, de KING’S X à SLAYER, de LIVING COLOUR à MAYHEM, c’est simple, il n’est pas une chapelle du metal qu'il ne visite, sans compter sur son amour immodéré pour la musique au sens le plus large possible, englobant à 360° la (quasi) totalité des styles existants. Ainsi, il n’est pas rare qu’il pose aussi sur sa platine un disque de THE DOORS, d' ISRAEL VIBRATION, de NTM, de James BROWN, un vieux Jean-Michel JARRE, Elvis PRESLEY, THE EASYBEATS, les SEX PISTOLS, Hubert-Félix THIÉFAINE ou SUPERTRAMP, de WAGNER avec tous les groupes metal susnommés et ce, de la façon la plus aléatoire possible. Il rejoint l’équipe en février 2016, ce qui lui a permis depuis de coucher par écrit ses impressions, son ressenti, bref d’exprimer tout le bien (ou le mal parfois) qu’il éprouve au fil des écoutes d'albums et des concerts qu’il chronique pour HARD FORCE.
Ses autres publications
Cookies et autres traceurs

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de Cookies ou autres traceurs pour mémoriser vos recherches ou pour réaliser des statistiques de visites.
En savoir plus sur les cookies : mentions légales

OK