1 août 2016, 10:27

DUNSMUIR

"Dunsmuir"

Album : Dunsmuir

Composé de Neil Fallon (CLUTCH) au chant, Dave Bone à la guitare, Brad Davies (FU MANCHU) à la basse et Vinny Appice (LAST IN LINE, ex-BLACK SABBATH et DIO) à la batterie, ce groupe, dont le nom, DUNSMUIR, est (aussi) celui d’une petite bourgade située en Californie, a décidé d’unir ses forces et affronter l’auditeur lors d’un combat en 10 rounds dont l’issue est gagnée d’avance (ou perdue selon le point de vue duquel vous vous placerez à la fin de cette chronique). Pour situer l’bouzin, Neil Fallon a expliqué en interview qu’il s’agissait d’une sorte de concept-album narrant le naufrage d’un bateau et du combat de ses matelots pour leur survie dans le monde réel et un autre surnaturel. Détails ? Allez, c’est parti. DING !

Ça démarre sur un riff imparable qui installe d’emblée le décor et "Hung On The Rocks" casse les têtes si elle ne casse pas les codes du genre. "The Only Master" et "The Bats (Are Hungry Tonight)" forment, avec le premier morceau, un trio de tête rapide qui laisse des séquelles à l’auditeur. Il faut attendre "What Manner Of Bliss?" et son ambiance lourde et lente pour reposer les nuques mises à rude épreuve par le headbanging introductif. A ce stade, Neil Fallon est comme un poisson dans l’eau, tous les titres étant adaptés à sa voix si caractéristique et reconnaissable à la première syllabe. Sur ce quatrième titre, la frappe de Vinny Appice évoque les heures passées derrière les fûts de BLACK SABBATH. C’est un des titres les plus longs de l’album avec 4 mn 15 au compteur (l’autre titre "long" étant "Church Of The Tooth" avec  5 mn 37, c’est dire que l’on ne sera pas dans une configuration metal prog sur ce disque). "Deceiver" ne déçoit pas (oui, c’est facile j’en conviens et je n'en suis pas fier) et reprend les choses où elles en étaient au troisième morceau.

Cependant, et en prenant en compte le morceau qui suit, "…And Madness", on décèle une certaine similitude et linéarité qui dessert l’ensemble, du moins qui échoue à nous surprendre. "Orb Of Empire" reste dans le ton et pour noter du positif en opposition aux redondances entendues (y compris dans la voix de Fallon qui n’est pas un modèle du genre en termes de modulation), on peut mettre à leur crédit que les quatre hommes ont su définir un concept de son et de compositions. Vient ensuite la pachydermique "Church Of The Tooth", deuxième titre "lent" de ce disque. Légèrement dissonant de par son solo, un très bon titre sabbathien dans l’âme. Mais celui d’après et avant dernière piste, "The Gate", est une vraie réussite. Fallon s’emploie à faire vivre son texte et les breaks apportent ce petit plus qui manquait un peu depuis le début. Clôture sur un "Crawling Chaos!" du même acabit qui délivre les protagonistes de leur périple que l’on a vécu avec eux lors de ces 35 petites minutes.

Le bilan de cette écoute est mitigé. D’un côté, on s’en prend plein les dents et d’un autre côté, on apprend à parer les coups en raison des similitudes et ressemblances évoquées avant. Quelques titres émergent du lot et font pencher la balance dans le bon sens en s’adjoignant d’autres éléments décisifs (line-up, son). On serait tenté de dire qu’on attend le deuxième album pour se forger un avis plus pertinent mais avec ce genre d’association (de malfaiteurs), il est logique d’en douter, chacun ayant une carrière et un autre groupe, principal celui-là. « Alors, on fait quoi chef ? » Eh bien, prenons le pour ce qu’il est (un défouloir pour ses interprètes ?) et ne cherchons pas midi à quatorze heures, les poux dans la tête ou tout autre adage à la con. Carpe diem ! Dans le pire des cas, vous aurez appris que DUNSMUIR est (aussi) une petite bourgade située en Californie.

Blogger : Jérôme Sérignac
Au sujet de l'auteur
Jérôme Sérignac
D’IRON MAIDEN (Up The Irons!) à CARCASS, de KING’S X à SLAYER, de LIVING COLOUR à MAYHEM, c’est simple, il n’est pas une chapelle du metal qu'il ne visite, sans compter sur son amour immodéré pour la musique au sens le plus large possible, englobant à 360° la (quasi) totalité des styles existants. Ainsi, il n’est pas rare qu’il pose aussi sur sa platine un disque de THE DOORS, d' ISRAEL VIBRATION, de NTM, de James BROWN, un vieux Jean-Michel JARRE, Elvis PRESLEY, THE EASYBEATS, les SEX PISTOLS, Hubert-Félix THIÉFAINE ou SUPERTRAMP, de WAGNER avec tous les groupes metal susnommés et ce, de la façon la plus aléatoire possible. Il rejoint l’équipe en février 2016, ce qui lui a permis depuis de coucher par écrit ses impressions, son ressenti, bref d’exprimer tout le bien (ou le mal parfois) qu’il éprouve au fil des écoutes d'albums et des concerts qu’il chronique pour HARD FORCE.
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