C’est en 1989 qu’est paru le premier album éponyme de JUNKYARD. S’en suivirent trois autres avec de longs intervalles entre chaque et puis à partir de 2003, plus rien si ce n'est du CDR ou mp3 disponible en 2008 et deux titres en 2015... Du line-up d’origine ne restent aujourd’hui que le chanteur David Roach et le batteur Patrick Muzingo. Sorti sur le label Acetate Records, « High Water » est composé de 11 titres qui ne dépaysera pas ceux qui ont connu le groupe sur leur premier disque ou bien les néophytes qui aiment à écouter un bon hard rock US, pas trop heavy et un peu boogie sur les bords.
L’album démarre avec l’urgent "Walk Away" avant d’envoyer un bon gros beat mid-tempo sur "Faded". Le troisième titre, "Cut From The Same Cloth" fait penser à certaines sonorités entendues chez D-A-D (les chœurs harmonisés en moins). Si le blues rock de "Styrofoam Cup" et le rock basique de "Hellbound" passent sans que l’on s’y attarde plus que cela, "W.F.L.W.F." (pour "We Fuck Like We Fight") envoie le bois comme on dit avec un gros refrain aisément mémorisable. Le redneck country de "Don’t Give A Damn" nous fait dire à nous aussi que l’on a "rien à faire" (traduction du titre) d’une chanson comme celle-ci. Un nouveau mid-tempo avec "Hell Or High Water" incite à penser que le groupe ne peut composer de – très – bons titres qu’à cette vitesse d’exécution. Un zeste de punk-rock sur le rapide "Wallet" et une légère brise mélancolique qui souffle sur un très sympathique "‘Til The Wheels Fall Off" qui lorgne à nouveau sur les terres des Danois susmentionnés. Ces 36 minutes se referment avec "Kindness To The Dead", plutôt bien mis également.
Si JUNKYARD n’avait pas bénéficié à l’époque d’un soutien suffisant de la part de sa maison de disques (au temps où les albums se vendaient, qu’internet, le téléchargement ou le streaming n’existaient pas) et qu’il n’avait donc pu se faire connaître suffisamment pour espérer avoir un peu d’attention, gagner un public et s’imposer, il est difficile d’imaginer le contraire de nos jours. La faute incombera cette fois à un environnement complètement différent en ce qui concerne la promotion d’un groupe et son existence. Si on ajoute à ce contexte des morceaux qui peinent à maintenir la distance musicalement face à une concurrence rude et efficace, on se demande comment JUNKYARD, ressuscité tel le Phoenix pourrait, avec ce disque pourvu cependant de bons atouts, pérenniser ce sursaut de vie concrétisé par « High Water ».