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LABELS ET LES BETES • "Le côté obscur de la force métallique" - Episode 28

par Crapulax
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Nov
20
2019


En Automne les feuilles mortes comme des perles rouge sang suintent des branches des arbres, laissant leur squelette décharné nu et impuissant face aux rigueurs mordantes d'un impitoyable hiver qui s'annonce. Petit à petit, la nuit gagne son combat séculaire contre le jour. Désormais les brumes silencieuses envahissent les cimetières sous la pâleur nocturne d'une lune étouffée par de tristes nuages gris. Les rues des villes se vident le soir de toute vie qui semble fuir la lumière blafarde et parfois étrangement vacillante des réverbères...
Il n'y a pas à dire : la mort, ça inspire ! Et avec la musique qui va bien, c'est encore mieux ! Tour d'horizon des albums underground à écouter au coin du feu avec Crapu, Aude et Clément, c'est dans la rubrique Labels & Les Bêtes N°28 !

 

PROFANE ORDER : « Slave Morality » (Sentient Ruin Laboratories)

Vous l'aurez compris et l'IA de Facebook aussi, au vu du contenu on ne peut plus explicite de sa sympathique pochette, le deuxième album des québécois de PROFANE ORDER s'adresse aux conduits auditifs les plus aguerris.

D'ailleurs j'ai beau retourner dans tous les sens ma liste d'albums écoutés depuis le début d'année, je suis bien obligé de l'admettre : rien ne peut égaler la violence dispensée ici, celle qui ramène tout droit à l'époque des premiers ANGELCORPSE, CONQUEROR et donc REVENGE.
Car c'est bien cela dont il est question ici : la sauvagerie à l'état pure, le metal poussé dans ses derniers retranchements, l'ultime avertissement. Neuf morceaux torchés en trente-trois minutes d'une intense et sauvage barbarie.

Insoutenable pour le commun des mortels, ce black/death lapidaire ne s'adresse qu'aux irréductibles chevelus ayant banni le mot "mélodie" de leur vocabulaire, lui préférant les charmes de la brutalité sans limites. Vous voilà prévenu : pour encaisser une overdose de rythmiques furibardes, solos thrashisant et autres vocalises douloureuses, c'est bien par ici que ça se passe.
​Et c'est une expérience ultime...
(Clément)



 

SANCTVS : « Mors Aeterna » (Sepulchral Productions)

Projet solo d'un certain Mortheos, nouveau venu au sein de la scène québécoise, SANCTVS n'a aucun split, EP ou démo dans sa besace et sort directement son premier méfait quelques mois après sa formation.

Une maturation expresse dont le label montréalais Sepulchral Productions, en amateur invétéré de noires sensations, se fait ici l'hôte local. Un repaire idéal, déjà convoité par la fine fleur (de lys) locale qui lui offre des conditions idéales pour laisser libre cours à ses sombres desseins.
Et le moins que l'on puisse dire c'est que le bougre s'est donné les moyens de mettre en œuvre ses ambitions : la production a l'allure d'un véritable tsunami, mais cela n'est que peu de chose à côté du niveau de maîtrise affiché sur chaque instrument qui laissera plus d'un one-man band en formation sur le carreau.

Dans un style glacial et dépouillé, bourré de trémolos somptueux, SANCTVS tient la dragée haute à ses petits camarades. Et son aptitude à brasser ce qui se fait de mieux dans le genre devrait lui ouvrir plus largement les voies d'une reconnaissance bien méritée. C'est tout le mal qu'on lui souhaite.
(Clément)
 


 

IMBER LUMINIS : « Same Old Silences » (Naturmacht Productions)

Amis de la noirceur bonsoir. Voici la bande son de votre automne lugubre. Pour ceux qui ne le connaissent pas, IMBER LUMINIS est un one-man band belge de funeral black/doom metal. Donc dépressif, lent et sombre. « Same Old Silences » est le cinquième album de sa tête pensante Déhà qui nous emmène ici au cœur de la souffrance avec 2 titres et un peu plus de 40 minutes d'un black metal à l'atmosphère glaciale.

"Same Old Sufferings" part I et II reprend deux morceaux initialement parus en 2011 alors que la partie III enfonce le clou avec une lourdeur écrasante, des mélodies cinglantes et une voix hurlée pénétrante parfois surmontée de vocaux clairs puissants.
Une complainte théâtrale de presque 25 minutes.

"Silence III" et son intro mélodique nous plonge dans une émotion intense grâce aux hurlements féminins mais imposants de la nouvelle recrue pour l'occasion, Dryáda Les guitares suraiguës viennent apporter encore un peu plus de brumes funestes à une atmosphère déjà déchirante.
Les breaks au piano sont juste sublimes. Les passages susurrés sont juste parfaits. Mélancolie quand tu nous tiens !
(Aude)
 


 

END OF MANKIND : « Faciem Diaboli » (Mallevs Records/Maleficarum Records)

Dans la série La France a un incroyable talent, je voudrais des black metalleux. Bonne pioche !
Tout droit issu de feu ETERNAL MAJESTY pour les connaisseurs, END OF MANKIND évolue dans un black metal extrêmement vindicatif dans la pure lignée des années 90's.

Après un EP et un split, le groupe a accumulé assez d'agressivité et de matière pour sortir ce premier LP « Faciem Diaboli ». Et on peut dire qu'il paraît tout droit tiré du Malleus Maleficarum.
Avec une batterie blastée, des guitares tranchant dans le vif et des vocaux hurlés à la mort, les parisiens font de leur black metal un véritable art martial.
De plus, le fond est aussi travaillé que la forme puisque « Faciem Diaboli » se penche sur le thème sombre des « recluses », ces martyrs médiévales à l'histoire oubliée.

Avec 10 titres et un total de 47 minutes, l'album mélange influences black metal old-school, crust voire punk mais surtout une véritable patte artistique inspirée que l'on retrouve tant dans le visuel que dans la musique. Vive la French Touch !
(Aude)
 


 

PERSECUTOR : « Rebirth » (Indépendant)

La dernière fois que j'étais assis sur le trône (je mets un point d’honneur à déféquer quotidiennement dans les toilettes du boulot parce que 10 minutes de pause caca par jour, à l’année ça fait une semaine que l’employeur paye juste pour ça et que cette pensée me réjouit au plus haut point !), entre deux poussées et un sudoku - à moins que ce ne soit l’inverse- je me suis dit en moi -même : « Tiens, et si je m’écoutais un bon vieux PROTECTOR ? »

Manque de bol, trompé par le logo très similaire me voilà tombé sur le tout premier album des danois de PERSECUTOR parsemé d'énormes rythmiques thrash qui rentrent bien dans le lard, de parties solo qui défrisent la barbiche, de vocaux agressifs à souhait et d’une batterie en mode berserker dont le jeu à la double pédale donne l’impression d’avoir choppé la maladie de Parkinson.

Oh, rien de bien novateur dans le style rassurez-vous, pas forcément l’album de l’année non plus : juste une bonne occasion de taper généreusement du pied et de headbanger un peu sur des titres plutôt corrects que sont "Burn" ou "Old School Thrash Metal", voire carrément un peu plus avec le mortel "King Of The World" !
(Crapulax)
 


 

EXMORTUS : « Legions Of The Undead » - EP (M-Theory Audio)

Adeptes depuis 2007 d’un death/thrash relativement sophistiqué faisant la part belle aux parties de shred (option néo-classique) et visuellement à un certain géant cimmérien répondant au doux nom de Conan (plusieurs pochettes furent peintes par Lawvere connu pour ses travaux sur les premiers KREATOR et CELTIC FROST), les Américains affichent une belle régularité ainsi qu'une qualité certaine dans leur production.

En témoigne ici le techniquement très exigeant "Night On A Bare Mountain" du compositeur russe Modeste Mussorgsky repris en son temps par MEKONG DELTA sur l’album « Dances Of Death And Another Walking Shadows » (1990).
​Présent aussi dans la B.O. du génial jeu-vidéo Earthworm Jim sur Super Nes mais ça c’est juste dit pour faire plaisir aux vieux geeks !

Bref, sur l’aspect technique on ne trouve évidemment rien à redire dans le petit dernier EXMORTUS : on croirait entendre du CHILDREN OF BODOM sans les claviers mais avec un type genre Yngwie Malmsteen aux guitares qui ne voudrait pas s’arrêter de jouer... ce qui n’est pas loin d’être un pléonasme !!!
(Crapulax)
 

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