27 juin 2020, 10:30

IRON MAIDEN

• Discographie des membres : Clive Burr


Vous connaissez tous la carrière d’IRON MAIDEN, une centaine de millions d’albums vendus répartis entre seize disques parus depuis 1980 jusqu’à 2015 mais saviez-vous qu’il y a, concernant ses membres, une vie musicale parallèle avant et même pendant pour certains ? Si tel n’est pas le cas, laissez-moi vous présenter la carrière actuelle ou passée de chacun des membres actuels et anciens en dehors du groupe. Et cette semaine, c’est au tour du regretté batteur Clive Burr, décédé en 2013 des suites de complications dues à la sclérose en plaques. Cet article ne se veut pas exhaustif mais a tout fait pour l’être, libre à vous d’ajouter en commentaires les éventuelles omissions de votre serviteur.

Clive Ronald Burr est né le 8 mars 1957 à Londres dans le quartier d’East Ham et il côtoie très jeune le monde de la musique car c’est à l’âge de 21 ans qu’il grave ses premiers fills de batterie sur deux singles du groupe SAMSON, "Mr. Rock & Roll" et "Telephone", un groupe qui verra l’année suivante défiler au micro un dénommé Bruce Bruce, à savoir le sieur Dickinson en personne. On voit d’ailleurs Clive sur scène en leur compagnie sur le verso de la pochette du single "Mr. Rock & Roll". Une première expérience qui fait long feu mais on ne peut pas dire que le batteur va y perdre au change...
 

  
 


 


 


Nous sommes à présent en 1979 et c’est le guitariste Dennis Stratton, qui traine dans le même quartier que celui dans lequel Clive a grandi et a passé sa vie, qui lui propose de venir auditionner pour IRON MAIDEN (le batteur Doug Sampson, présent sur le single « The Soundhouse Tapes », a jeté l’éponge entre-temps) et c’est dans la voiture de Dennis pour se rendre au local de répétition que Clive découvre sur cassette les premiers morceaux du groupe. Arrivé sur place, il s’installe derrière les fûts, reproduit de suite, et uniquement d’après ce qu’il a entendu sur le chemin, ce que Steve Harris attend. Conquis, le job est donc à lui dans la foulée, aussi simple que ça. S’ensuit une collaboration qui dure le temps de trois albums, « Iron Maiden », « Killers » et « The Number Of The Beast » et un EP live, « Maiden Japan ». Comme Paul Di’Anno avant lui, le batteur est en prise avec la drogue et ne peut assurer parfois correctement des concerts, ce qui le pousse inexorablement vers la porte de sortie. Steve Harris a plusieurs fois déclaré qu’il n’avait jamais consommé aucune drogue mais n’avait aucun problème avec d’autres membres du groupe qui en prenaient tant que ceux-ci pouvaient assurer leurs obligations. Et malheureusement pour Clive, ce ne fut pas le cas.
 


« Tournicoti tournicoton ! » Le zébulon atterrit chez TRUST où il prend le siège de Nicko McBrain qui, lui, prend celui resté vacant chez IRON MAIDEN. Un échange de bons procédés entre deux groupes qui se connaissent pour avoir tourné et joué ensemble auparavant (Nicko avait déjà “auditionné” car ayant dépanné MAIDEN lors d’un show télévisé où il apparaissait masqué). Avec le groupe français, Clive enregistre un disque, « Trust IV », en 1983 (connu aussi sous le nom « Idéal ») et qui sort l’année suivante en version anglaise sous le nom de « Man’s Trap ».
 

  
 

 


Clive reprend ses affaires et quitte TRUST afin de fonder Clive Burr’s ESCAPE qui devient très vite TYGON puis STRATAS et – enfin ! – STRATUS. Il s’associe pour cela aux frères Troy, Tino et Chris, qui font une pause dans la carrière de PRAYING MANTIS, à Bernie Shaw (futur URIAH HEEP) et Alan Nelson. Le groupe n’enregistre qu’un seul album avant de se séparer, « Throwing Shapes », dont le morceau "Run For Your Life" (run to the hills?) se retrouve au générique de Class Of Nuke ‘Em High, un film de la firme culte Troma, spécialisée dans les films gore à – très – petits budgets, et fondée par l’inénarrable Lloyd Kaufman. Ci-après, le titre en question avec l’extrait du film lors duquel on l’entend.

ATTENTION : les images qu’il contient sont de nature à heurter la sensibilité d’un public jeune ou non averti.


 


Afin que je ne sois pas taxé de fainéantise, je précise que nous en avons déjà parlé pour la discographie de Janick Gers puis celle de Paul Di’Anno. Clive Burr voit donc lui aussi le projet GOGMAGOG être évoqué dans sa carrière. Et de facto, je ne fais qu’un copié/collé de ce qui a déjà été dit par deux fois. Attention, interrogation à l’issue !

GOGMAGOG est un groupe composé, outre Paul Di'Anno et Janick Gers donc, de Neil Murray, ancien bassiste notamment de WHITESNAKE et qui officia auprès de BLACK SABBATH, Pete Willis (ex-DEF LEPPARD) à la guitare et Clive Burr à la batterie (ancien batteur de IRON MAIDEN et TRUST). Le groupe ne sort qu’un seul EP de trois titres en 1985 intitulé « I Will Be There ». Faute de succès, l’entreprise ne survit pas à cet EP et pour être honnête, on ne leur en veut pas.
 


​Un trou dans son C.V. nous amène à 1990 où l’on retrouve la trace du batteur sur l’album « Lethal Potion » du groupe ELIXIR, une formation britannique établie en 1984 et ayant produit une poignée d’albums. Extrait avec le titre d’ouverture de cet album, "She’s Got It". L’album sera réédité en 2004 avec une nouvelle pochette et sous le titre « Sovereign Remedy », sur lequel figure l’ensemble des morceaux prévus initialement et ce, avec le mix original.
 

  
 


En 1992, Clive participe à l’aventure éphémère TRUE BRITS pour l’album « Ready To Rumble » dont nous vous avons parlé dans la discographie de Dennis Stratton (lien en fin d’article). Ici, le morceau "She Goes Down" avec Paul Di’Anno au chant, Clive à la batterie et Dennis aux chœurs.
 


 


Furieusement metal, DESPERADO est un groupe mené par Dee Snider, chanteur de TWISTED SISTER, et dans lequel on retrouve, outre Clive, le regretté guitariste Bernie Tormé et le bassiste Marc Russell. Il a été enregistré en 1988 mais ne sort qu’en 1996 en raison de désaccords avec la maison de disques Elektra. Ce fut l’un des projets menés par Snider après le split de TWISTED SISTER et avant sa reformation. L’album ressortira en 2006 sous le titre « Ace » mais avec une liste de titres amputée.
 


 


Clive fait lui aussi partie de l’aventure PRAYING MANTIS, à l’instar de ses ex-compères sur le premier album d’IRON MAIDEN, Paul Di’Anno et Dennis Stratton. Le live « Captured Alive In Tokyo City » est enregistré au Club Citta Kawasaki de Tokyo les 11 et 12 novembre 1995 et ne sort qu’au Japon dans un premier temps, sur le label Canyon International, puis il se verra distribué en Angleterre en 2000 sur un autre label, Zoom Club Records. Extrait avec "The Horn", que l’on retrouve sur l’album studio « Predator In Disguise », un morceau cocrédité à Clive Burr sur le site officiel du groupe, bien qu’il n’ait pas participé à l’enregistrement studio. Les voies de la mante religieuse sont impénétrables…

Pour être complet, des démos de Clive Burr’s ESCAPE figurent sur la compilation « Demorabilia » parue en 1999.
 

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​Malheureusement, c’est ici que s’achève la carrière musicale de Clive Burr. Interviewé en 2001 dans le cadre de ce qui allait devenir l’un des titres de la série de DVD Classic Albums éditée par Eagle Vision pour « The Number Of The Beast », il y révèle souffrir de la sclérose en plaques. Le clan IRON MAIDEN, et Steve Harris en tête, tombe des nues et décide d’organiser en 2002 trois concerts caritatifs afin de venir en aide à leur ancien batteur, endetté par le traitement médical, tout comme par les aménagements nécessaires pour faciliter son quotidien. MAIDEN investit donc pour trois soirées la Brixton Academy de Londres et remet à l’association Clive Burr MS Trust Fund les bénéfices des ventes du merchandising ainsi que ceux du single live de "Run To The Hills" qui sort pour l’occasion sous deux éditions différentes. Le groupe remettra ça en juin 2007 pour une soirée seulement. Lors de ce concert, les fans ont vu Clive arriver sur scène après le rappel en fauteuil roulant, extrêmement diminué, la maladie gagnant du terrain et le handicapant de plus en plus lourdement. Une autre soirée sera organisée en 2008 au Ruskin Arms, pub où le groupe a fourbi ses armes à la fin des années 70, lors de laquelle Clive fera une brève apparition. Il décède le 12 mars 2013 à l’âge de 56 ans, le jour même de l’anniversaire de Steve Harris, que l’on imagine funeste cette année-là.

Un très grand musicien qui, en l’espace de trois albums avec IRON MAIDEN, aura influencé des générations de batteurs sur la planète entière, ne serait-ce que celui de MASS HYSTERIA, Raphael Mercier, si l’on s’en tient à la France et dont il n’a jamais tari d’éloges à son sujet. « So long Clive… RIP ».
 


La discographie de Bruce Dickinson / Steve Harris / Adrian Smith / Dave Murray / Janick Gers / Nicko McBrain / Paul Di’Anno / Dennis Stratton

Au sujet de l'auteur
Jérôme Sérignac
D’IRON MAIDEN (Up The Irons!) à CARCASS, de KING’S X à SLAYER, de LIVING COLOUR à MAYHEM, c’est simple, il n’est pas une chapelle du metal qu'il ne visite, sans compter sur son amour immodéré pour la musique au sens le plus large possible, englobant à 360° la (quasi) totalité des styles existants. Ainsi, il n’est pas rare qu’il pose aussi sur sa platine un disque de THE DOORS, d' ISRAEL VIBRATION, de NTM, de James BROWN, un vieux Jean-Michel JARRE, Elvis PRESLEY, THE EASYBEATS, les SEX PISTOLS, Hubert-Félix THIÉFAINE ou SUPERTRAMP, de WAGNER avec tous les groupes metal susnommés et ce, de la façon la plus aléatoire possible. Il rejoint l’équipe en février 2016, ce qui lui a permis depuis de coucher par écrit ses impressions, son ressenti, bref d’exprimer tout le bien (ou le mal parfois) qu’il éprouve au fil des écoutes d'albums et des concerts qu’il chronique pour HARD FORCE.
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