17 juillet 2020, 19:30

UN JOUR, UN ALBUM

• JUDAS PRIEST : "Screaming For Vengeance"


Le 17 juillet 1982 sortait « Screaming For Vengeance » de JUDAS PRIEST. L'idée n'est pas d'en faire la chronique, mais d'effectuer une rapide remise en contexte, tout en rappelant quelques faits ou anecdotes que vous ignoriez peut-être sur le huitième album studio des métallurgistes britanniques, qui fête aujourd'hui ses 38 ans.


• Huit ans et autant d'albums studio : c'est le temps qu'il a fallu à JUDAS PRIEST pour s'imposer définitivement dans le monde entier comme un groupe de heavy metal incontournable. Jusque-là, les hard rockers de Birmingham bénéficiaient certes d'une très grosse cote de popularité en Europe et s'étaient constitué un joli following aux USA, mais il manquait l'étincelle pour passer la vitesse supérieure. C'est chose faire avec « Screaming For Vengeance » qui va faire de Rob Halford (chant, cuir, clous, menottes et fouet), Glenn Tipton-K.K. Downing (guitares), Ian Hill (basse) et Dave Holland (batterie) les fers de lance incontestés de la New Wave Of British Heavy Metal avec IRON MAIDEN. Et qui, sans se compromettre, vont toucher le grand public – du moins aus USA.

• Enregistré sous le soleil d'Ibiza avec Tom Allom, leur producteur attitré depuis le live « Unleashed In The East » (1979), ce huitième disque voit les musiciens effectuer un virage heavy rock, voire même speed ("Screaming For Vengeance"), d'où ont disparu les connotations bluesy encore présentes sur ses deux prédécesseurs, « British Steel » (à qui Un Jour, Un Album a été consacré en avril dernier) et « Point Of Entry », sortis respectivement en 1980 et 1981. 

• Qui dit Ibiza, dit "fiesta" (rime pauvre, je vous l'accorde) et les musiciens, qui y passent cinq mois, se mettent minables tous les soirs avec un bel entrain. On raconte d'ailleurs que des voitures et des motos en ont fait les frais. Mais ils parviennent néanmoins à signer un album d'une grande cohérence qui, en 2020, figure toujours parmi les classiques du metal.

• A l 'époque, c'est toujours une chanson pressentie comme étant un "hit" potentiel qui ouvre chaque face d'un vinyle. Mais contrairement à ce que pensait JUDAS, ce ne sont ni "Electric Eye", précédé de l'intro instrumentale "The Hellion", ni "Screaming For Vengeance" qui vont leur permettre d'exploser aux States. Columbia Records, leur maison de disques, est en effet persuadée que "You've Got Another Thing Comin'" a tout ce qu'il faut pour imposer durablement les cinq hommes sur le territoire américain. « C'est un morceau que nous avions ajouté au dernier moment sur l'album. Il nous plaisait, évidemment, mais nous le trouvions trop "simple" et presque pas assez heavy » avouera Rob Halford qui reconnaît que le groupe a manqué de flair sur ce coup-là.
« Nous l'avons finalisé pendant le mixage en Floride, précisait à l'époque Glenn Tipton, aujourd'hui malheureusement sur la touche en raison de la maladie de Parkinson dont il souffre. Nous avions des bribes de chanson, des plans qui traînaient et finalement, c'est devenu une évidence. Quand je pense que l'on a failli passer à côté… Une vraie chanson pour rouler sur les highways. »
Porté par ce premier single et sa vidéo qui tourne en heavy rotation sur MTV, qui a vu le jour un an plus tôt, « Screaming For Vengeance » dépassera les 2 millions de ventes outre-Atlantique (il en totalise aujourd'hui plus de 5 millions écoulés dans le monde) et deviendra la plus grosse vente de la carrière du PRIEST. Depuis, "You've Got Another Thing Comin'" est, au même titre que "Breakin' The Law", un titre incontournable en live.
 


• « Screaming For Vengeance » sortira en version remasterisée en 2001 avec 2 titres en bonus, "Prisoner Of Your Eyes" (un rescapé des sessions de « Turbo ») et "Devil's Child", enregistré live à Memphis en 1982. On retrouve ces deux derniers sur l'édition spécial 30e anniversaire, sortie en 2012 donc, ainsi que 4 autres morceaux en concert enregistrés à San Antonio en 1982 : "Electric Eye", "Riding On The Wind", "You've Got Another Thing Comin'" et "Screaming For Vengeance". Sans oublier un DVD de la prestation de JUDAS à l'Us Festival à San Bernardino, en Californie, le 29 mai 1983.

Pendant quatre jours (du 28 au 30 mai, puis le 4 juin), cet immense festival, instigué par Steve Wozniak, cofondateur d'Apple, propose une journée de concerts dédiée à un style particulier, le 29 étant le "Heavy Metal Day". Par ordre d'entrée en scène, se succèderont les poids lourds de l'époque, QUIET RIOT, MÖTLEY CRÜE, Ozzy Osbourne, JUDAS PRIEST, SCORPIONS et VAN HALEN. Plus de 670 000 spectateurs s'y presseront (dans tous les sens du terme), mais financièrement, le fiasco est total avec des pertes estimées à 12 millions de dollars… 
Pour des raisons de copyright semble-t-il, deux chansons interprétées ce jour-là n'apparaissent pas dans la vidéo ci-dessous – "Electric Eye", qui ouvre le show, et "Screaming For Vengeance" qui le clôture. Mais vous les trouverez néanmoins un peu plus bas dans l'article…
 


"Screaming For Vengeance"


• Bien décidés à s'imposer aux USA, les Anglais ont commencé leur "World Vengeance Tour" outre-Atlantique, avec, en guise de première partie selon les dates, IRON MAIDEN, KROKUS ou URIAH HEEP. Ils y tourneront du 26 août 1982 au 20 février 1983, avant de revenir en mai pour participer à l'Us Festival. Mais en fait de "World Tour", ils se contenteront de 9 concerts en Grande-Bretagne en fin d'année, avec une unique date en Allemagne… et pas une seule en France. Mais il est vrai que septembre à novembre 83, les cinq hommes sont de retour dans la chaleur d'Ibiza, toujours avec Tom Allom, pour mettre en boîte l'excellent « Defenders Of The Faith » qui débarquera début janvier 84. Eh oui, à l'époque, c'est un album par an et cette fois, Halford & Co se feront pardonner en donnant pas moins de 11 concerts sur notre territoire !

• Second des trois singles extraits de l'album, la power ballad "(Take These) Chains", signée Bob Halligan Jr., tous les autres morceaux ayant une fois de plus été composés par Halford, Downing et Tipton, sortira en octobre 1982. Pour l'anecdote, le monsieur écrira également "Some Heads Are Gonna Roll" sur « Defenders Of The Faith » (1984) ainsi que “Twist” sur « Resurrection » (2000), premier des quatre albums d'HALFORD, dernier projet solo du chanteur après FIGHT et 2WO pendant les presque 14 ans où il évoluera loin de JUDAS
Bizarrement, aucune vidéo officielle ne sera tournée et le PRIEST ne l'aurait apparemment interprétée qu'une seule fois en live, en 2019. Dommage.
 


• La pochette de « Screaming For Vengeance », signée Doug Johnson, est la première de ses trois collaborations avec les Anglais, avant celles de « Defenders Of The Faith » (1984) et « Turbo » (1986). Le groupe, déçu par l'artwork de « Point Of Entry », réalisé par le Polonais Roslaw Szaybo qui travaillait avec eux depuis « Sin After Sin », a en effet décidé de faire appel au Canadien.

• "Electric Eye" sera le dernier single de l'album.


• Fin 2010, l'instrumental "Hellion" apparaîtra dans spot publicitaire Honda Odyssey aux USA. Par contre, ça n'est pas le groupe que l'on entraperçoit. Ou alors Glenn avait enfilé une perruque…
 


Discographie
Rocka Rolla (1974)
Sad Wings Of Destiny (1976)
Sin After Sin (1977)
Stained Class (1978)
Killing Machine (1978)
Unleashed In The East (Live - 1979)
British Steel (1980)
Point Of Entry (1981)
Screaming For Vengeance (1982)
Defenders Of The Faith (1984)
Turbo (1986)
Priest... Live! (Live - 1987)
Ram It Down (1988)
Painkiller (1990)
Jugulator (1997)
'98 Live Meltdown (Live - 1998)
Demolition (2001)
Live In London (Live - 2003)
Angel Of Retribution (2005)
Nostradamus (2008)
A Touch Of Evil: Live (Live - 2009)
Redeemer of Souls (2014)
Battle Cry (Live - 2016)
Firepower (2018)


​Un jour, Un Album

Blogger : Laurence Faure
Au sujet de l'auteur
Laurence Faure
Le hard rock, Laurence est tombée dedans il y a déjà pas mal d'années. Mais partant du principe que «Si c'est trop fort, c'est que t'es trop vieux» et qu'elle écoute toujours la musique sur 11, elle pense être la preuve vivante que le metal à haute dose est une véritable fontaine de jouvence. Ou alors elle est sourde, mais laissez-la rêver… Après avoir “religieusement” lu la presse française de la grande époque, Laurence rejoint Hard Rock Magazine en tant que journaliste et secrétaire de rédaction, avant d'en devenir brièvement rédac' chef. Débarquée et résolue à changer de milieu, LF œuvre désormais dans la presse spécialisée (sports mécaniques), mais comme il n'y a vraiment que le metal qui fait battre son petit cœur, quand HARD FORCE lui a proposé de rejoindre le team fin 2013, elle est arrivée “fast as a shark”.
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